La Constitution actuelle du Nigéria, la quatrième depuis l’indépendance, est entrée en vigueur le 29 mai 1999. Inspirée de la Constitution des États-Unis, elle prévoit une séparation des pouvoirs entre un exécutif fort, un pouvoir législatif élu et un pouvoir judiciaire indépendant. Les détracteurs de la Constitution estiment que le gouvernement fédéral conserve trop de pouvoirs au détriment des États. Bien que la Constitution proclame les libertés individuelles et le caractère laïque de l’État, elle autorise également les musulmans à suivre la charia, ou droit islamique.
Pouvoirs publics
Le pouvoir exécutif est exercé par le président, qui est à la fois chef de l’État et chef du gouvernement. Le président peut exercer deux mandats de quatre ans. Le Conseil exécutif fédéral du président, ou cabinet ministériel, comprend les ministres nommés par le président.
L’Assemblée nationale, composée du Sénat et de la Chambre des représentants, constitue le pouvoir législatif du pays. Chaque État nigérian est représenté par trois sénateurs, tandis qu’un sénateur supplémentaire représente la capitale, Abuja. Les sièges de la Chambre des représentants sont répartis selon la population ; le nombre de représentants diffère donc d’un État à l’autre. Les membres de l’Assemblée nationale sont élus pour un maximum de deux mandats de quatre ans.
Le pouvoir judiciaire comprend la Cour suprême, la Cour d’appel, la Haute Cour fédérale ainsi que, au niveau des États, les hautes cours, les tribunaux de la charia et les tribunaux coutumiers. Le président nomme les membres de la Cour suprême, sous réserve de la confirmation du Sénat.
Divisions administratives
Le Nigéria est administrativement divisé en un Territoire de la capitale fédérale, Abuja, et 36 États, regroupés dans les six zones géopolitiques suivantes :
Zone du Sud-Ouest — Lagos, Ekiti, Ogun, Ondo, Osun et Oyo.
Zone du Sud-Sud — Akwa Ibom, Bayelsa, Cross River, Delta, Edo et Rivers.
Zone du Sud-Est — Abia, Anambra, Ebonyi, Enugu et Imo.
Zone du Nord-Ouest — Kaduna, Kano, Katsina, Jigawa, Kebbi, Sokoto et Zamfara.
Zone du Centre-Nord — Benue, Kogi, Kwara, Nasarawa, Niger et Plateau.
Zone du Nord-Est — Adamawa, Bauchi, Borno, Gombe, Taraba et Yobe.
Gouvernement des États et local
Chacun des 36 États du Nigéria dispose d’un gouverneur élu et d’une Assemblée d’État. Le gouverneur est élu pour un maximum de deux mandats de quatre ans. Le nombre de députés de l’Assemblée d’État dépend de la population — il représente généralement trois à quatre fois le nombre de représentants fédéraux de l’État — et varie donc entre 24 et 40 selon les États.
Les États nigérians sont subdivisés en 774 zones d’administration locale, chacune administrée par un conseil chargé de fournir les services essentiels. Considérés comme le troisième niveau de gouvernement, après les niveaux fédéral et étatique, les conseils locaux reçoivent des subventions mensuelles provenant d’un « compte de la fédération » national. Certains critiques considèrent que la multiplication de ces districts est un héritage du régime militaire, arbitraire, coûteux et inefficace.
Système judiciaire et juridique
Le système juridique nigérian repose sur une combinaison de droit écrit, de common law anglaise, de droit coutumier et, dans le nord du pays, de droit islamique ou charia. Les tribunaux fédéraux et étatiques appliquent le droit écrit et la common law anglaise, tandis que les juridictions locales reconnaissent la légitimité du droit coutumier et de la charia.
Les insuffisances du système juridique et de justice pénale existant expliquent en partie la popularité du droit islamique dans les 12 États du nord. La charia est critiquée en raison de l’application de sanctions jugées sévères, bien qu’aucune peine de mort n’ait jusqu’à présent été exécutée sur la base de la loi islamique.
Système électoral
Le président ainsi que les membres de l’Assemblée nationale bicamérale — composée d’un Sénat de 109 membres et d’une Chambre des représentants de 360 membres — sont élus pour un maximum de deux mandats de quatre ans. Les citoyens peuvent voter à toutes les élections dès l’âge de 18 ans.
Les candidats élus sont désignés selon le système britannique du scrutin majoritaire à un tour : le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix remporte l’élection. Dans ce système, les membres de l’Assemblée nationale représentent des circonscriptions géographiques distinctes. La Commission électorale nationale indépendante est chargée d’organiser et d’administrer l’ensemble des élections dans le pays.
Principaux traités internationaux
Le Nigéria est partie aux accords de non-prolifération suivants : la Convention sur les armes biologiques, la Convention sur les armes chimiques, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires.
En matière d’environnement, le Nigéria est partie aux accords relatifs à la biodiversité, au changement climatique, à la désertification, aux espèces menacées, aux déchets dangereux, au Protocole de Kyoto, au droit de la mer, à l’immersion de déchets en mer, à la conservation de la faune marine, à la protection de la couche d’ozone et aux zones humides.
Peu après le 11 septembre 2001, le Nigéria a ratifié un traité d’entraide judiciaire avec les États-Unis. Sa ratification, retardée pendant 12 ans, prévoit une coopération dans les domaines de la lutte contre la criminalité, le trafic de drogues et le terrorisme.